[FOCUS] Rencontre avec Morning of Owl (Part I)

© Photographie par Jinzoo | Festival "Regards sur la Corée" à Paris

Malgré la barrière de la langue, les MCs et autres artistes underground coréens s’exportent petit à petit hors de leurs frontières. Mais s’il y a une discipline du hip hop dans laquelle la Corée du Sud excelle au niveau mondial, c’est sans aucun doute le bboying (ou « breakdance » pour les moins puristes d’entre vous). T.I.P, Last For One, Gambler, Jinjo… tous ces crews originaires du pays du matin calme ont tour à tour dominé plusieurs compétitions internationales, et ce depuis 2002 quand Expression Crew fut le premier groupe asiatique à remporter l’incontournable Battle Of The Year.

Aujourd’hui, les équipes susmentionnées ont laissé place à leurs successeurs : les désormais célèbres Morning of Owl. Alors que ces derniers ont toujours impressionné le public grâce à l’originalité de leurs performances, cela fait seulement un an que leur ascension a véritablement démarré. Depuis, ils raflent presque tous les trophées, et lorsqu’ils ne décrochent pas la victoire ils finissent généralement sur le podium.

© Photographie par Jinzoo | Festival "Regards sur la Corée" à Paris

Formé à Suwon en 2002, Morning of Owl était originellement composé de quatre membres : Sez, Issue, Cho, et Owld. Au fil des années, ils ont été rejoints par d’autres bboys talentueux comme Code, Pocket, Sknuf, Chibi, Birdie, M.K, etc. Pour ceux qui se demandent d’où vient le nom du groupe, celui-ci fait référence aux chouettes qui restent éveillées la nuit et, par conséquent, voient tout ce que les humains ne voient pas.

L’équipe d’Under K-HipHop a eu la chance de voir les membres du crew s’illustrer sur scène à deux reprises.

Le 10 octobre dernier, Morning of Owl se sont déplacé jusqu’à l’Université Paris Dauphine pour offrir une représentation unique dans le cadre du festival annuel Regards sur la Corée. Ce soir-là, le leader du groupe, Lee Seung-Ju a.k.a Sez, nous a gentiment accordé un peu de son temps pour répondre à nos questions.

Mais avant ça, voici quelques extraits de la performance qu’ils ont réalisée :


Le spectacle regroupait tous les shows qu’ils ont montés jusqu’ici, y compris le dernier en date. Intitulée "Dust Motes" (= "particules de poussière" en français), cette chorégraphie tourne autour de la nature. Une thématique mise en valeur dans la vidéo qui suit :


Techniquement irréprochable, ce résultat est le fruit de nombreuses heures de travail. « Neuf heures par jour, selon Sez, y compris le week-end. » D’après lui, c’est ce qui différencie les bboys asiatiques des autres. Il explique qu’ils s’entrainent sans relâche, et cela leur permet de gagner en précision et d’effectuer les mouvements plus rapidement que les européens, par exemple, qui de leur côté ont davantage de puissance.

Au-delà des qualités qu’ils partagent avec leurs compatriotes, Morning of Owl se démarquent par la richesse de leur danse. En incorporant des éléments de danse contemporaine, d’arts martiaux et même de danse traditionnelle coréenne, les membres du groupe ont développé un style unique qui vient donner un nouveau souffle à la scène bboy internationale. Cette créativité est due au fait que leur passion ne se résume pas au hip hop, mais à l’art en général. Sez pense que « l’art français est très différent de l’art sud-coréen », une des raisons pour laquelle lui et ses camarades aiment la France. « On aimerait s’installer ici, nous a-t-il confié. On essaie de venir vivre en France depuis un moment mais ce projet n’a toujours pas abouti. J’espère que ça se fera l’année prochaine. »

© Photographie par Jinzoo | Festival "Regards sur la Corée" à Paris

Leur intérêt pour l’Hexagone explique pourquoi Morning of Owl sont souvent présents lors des battles organisés en France. Leur dernière venue date d’il y a quelques semaines, alors qu’ils participaient à la première édition des Breakin’ World Series. La sudiste de la team Under K-HipHop a eu la chance d’y assister.

Le concept de cette compétition inclut deux épreuves. La première consiste à présenter une vidéo de 5 à 7 minutes obligatoirement tournée à Montpellier, ville dans laquelle se déroule cet évènement. Le crew a opté pour une nouvelle version de "Dust Motes", un choix intéressant puisqu’il permet de redécouvrir la chorégraphie dans un environnement plus urbain.


La deuxième épreuve des BWS est plus conventionnelle. C’est un battle qui voit s’affronter les huit équipes participantes. Depuis leur victoire écrasante au R-16 Korea 2012, sur laquelle nous nous attarderons plus longuement dans un second article, le public s’attend à du grand spectacle chaque fois que les membres de Morning of Owl montent sur scène. Et ces derniers ont prouvé une fois de plus qu’ils n’étaient pas là par hasard en accédant à la finale, face à un Top9 Crew made in Russia plus en forme que jamais. (Re)vivez la soirée en visionnant les vidéos ci-dessous :

© Vidéos par MFBackToDance | "Breakin' World Series 2013"  à Montpellier


Finale: Morning of Owl (Corée du Sud) vs. Top 9 (Russie)



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